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SAMARCAND

Publié le par SABAKA

L'occupation du site de la ville de Samarcande date du paléolithique inférieur. Le musée de Samarcande offre quelques exemples de silex taillés trouvés sur place.

La cité de Samarcande a été vraisemblablement fondée par les Sogdiens, un peuple scythe qui s'est sédentarisé dans la région au cours du Ier millénaire av. J.-C. Ce peuple a donné son nom à la Sogdiane, une importante province d'Asie centrale dont Samarcande sera la capitale politique, culturelle et commerciale au long des siècles. La langue et la culture sogdianes ont progressivement disparues suite aux importantes arrivées persanes, islamiques et turco-mongoles durant le Moyen Âge, cependant des habitants de quelques rares villages autour de Samarcande continuent à parler un dialecte issu du sogdien.

Alexandre le Grand conquiert Samarcande en 329 av. J.-C. Les Grecs connaissent la ville sous le nom de Maracanda.

Si Samarcande subit d'importants dégâts lors de la conquête d'Alexandre, la ville se reconstruit rapidement et devient prospère sous l'influence hellénistique. De nouvelles techniques de construction s'imposent, les briques rectangulaires sont remplacées et de meilleures méthodes de maçonnerie et de plâtrage sont introduites[14].

Ère sassanide

Samarcande est conquise par les Sassanides vers 260. Sous le règne des dirigeants sassanides, la Sogdiane devient un site important du Manichéisme et facilite la diffusion de cette religion à travers l'Asie centrale[15].

Après la défaite des Sassanides face aux Shvetahûnas ou Huns blancs, Samarcande passe sous leur autorité. Ceux-ci sont à leur tour défaits en 557, lors de la bataille de Boukhara (en), par les Köktürks ou Turcs Bleus, alliés des Perses Sassanides.

Les Turcs gouvernent Samarcande jusqu'à leur défaite par les Sassanides durant les guerres Köktürks–Perses

Les Turcs conquièrent Samarcande et s'y maintiennent jusqu'à ce que le Khanat s'effondre pendant les guerres contre les chinois de la dynastie Tang. La ville devient un protectorat chinois et paye le tribut aux Tang.

Le pèlerin chinois Xuanzang passa vers 631 par Tachkent et Samarcande lors de son voyage en Inde à la recherche de manuscrits sacrés bouddhiques :

« Sa capitale (de Sogdiane) a plus de 20 li de tour (environ 10 km), excessivement forte avec une importante population. Le pays a un grand entrepôt commercial, est très fertile, abondant en fleurs et en arbres et fournit beaucoup de beaux chevaux. Ses habitants sont des artisans habiles et énergiques. Tous les pays Hou (iraniens) considèrent ce royaume comme leur centre et se font un modèle de ses institutions. Le roi est un homme d'esprit et de courage auquel les États voisins obéissent. Il a une superbe armée où la plupart des soldats sont des chakir. Ce sont des hommes de grande valeur, qui voient en la mort un retour vers leurs parents, et contre lesquels aucun ennemi ne peut tenir au combat. »

 cliquez sur les photos pour les agrandir.
Je vous fais decouvrie Samarcande a mon allure et dans le meme ordre que moi.Je vous fais decouvrie Samarcande a mon allure et dans le meme ordre que moi.

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Conquête musulmane

Les armées des Omeyyades sous Qutayba ben Muslim conquièrent la ville vers 710[15]. Après la conquête de la Sogdiane, l'Islam devient la religion dominante à Samarcande où beaucoup d'habitants se convertissent.

Ibn Khaldoun raconte la poussée vers la Chine par les Omeyyades :

En l'an 96 (de l'Hégire)(715) Qutayba prit la décision de faire la conquête de Kachgar, la ville chinoise la plus proche. Il commença donc son expédition, emmena avec lui les familles des soldats qu'il laissa à Samarcande, traversa le fleuve Syr Daria et disposa un contingent pour garder le passage et empêcher les troupes de revenir en arrière sans son autorisation. Ensuite, il envoya son avant-garde à Kachgar, où elle recueillit du butin et fit des prisonniers. On mit à ceux-ci le collier des tributaires et on poussa l'expédition plus loin à l'intérieur de la Chine.
Le roi de Chine écrivit à Qutayba en lui demandant de lui envoyer un noble arabe pour le renseigner sur les Arabes et leur religion. Qutayba choisit dix Arabes parmi lesquels il y avait Hohayra ibn Mochamraj al-Kilâbî, et donna l'ordre de les doter d'un bon équipement, d'habits en soie et en étoffe à ramage, et de quatre chevaux. Il leur dit : « Faites-lui savoir que je ne partirai pas avant d'avoir foulé le sol des Chinois, enchaîné leurs princes et reçu leurs butins. »
Ibn Khaldoun (1332-1406) Peuples et Nations du monde, édition Sindbad

En fait des négociations s'engagent et les Arabes n'iront pas plus loin.

Selon la légende, durant le règne des Abbassides, le secret de la fabrication du papier est obtenu de deux Hans, prisonniers faits lors de la Bataille de Talas en 751[18]. Cette invention a permis la fondation de la première papeterie de Samarcande et s'est diffusée au reste du monde islamique et plus tard, en Europe

 

SAMARCAND
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Période mongole

Les Mongols conquièrent Samarcande en 1220. Bien que Gengis Khan « n'ait pas dérangé les habitants [de la ville] en aucune façon », il aurait tué, d'après Ata-Malik Juvaini, tous ceux ayant trouvé refuge dans la citadelle et la mosquée. Il pille complètement la cité et enrôle 30 000 jeunes hommes ainsi que 30 000 artisans.

Époque moderne et contemporaine

Samarcande devint en 1369 la capitale de Tamerlan, qui y rapportera de Perse les restes supposés du prophète Daniel (Doniyor en ouzbek). Les monuments édifiés par les Timourides (descendants de Timur Lang ou Tamerlan) font la gloire de la cité. Ulugh Beg (1394-1449), petit-fils de Tamerlan, prince et astronome, y fait construire un observatoire où il mène des travaux de grande qualité avec quelque 70 savants dont Qadi-zadeh Roumi, al-Kachi et Ali Quchtchi. Après sa mort, la vie intellectuelle et artistique des Timourides se concentre à Hérat en Afghanistan, en particulier chez son parent le prince et mécène Husayn Bayqara (règne 1469-1506).

En 1507, les Timourides sont renversés par les Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides. Lors du morcellement de l'actuel Ouzbékistan en trois khanats (Khiva, Boukhara et Kokand) qui interviendra par la suite, Samarcande est rattachée au khanat de Boukhara.

En 1868, cette ville persophone passe sous domination de l'Empire russe et devient une ville de garnison. Elle est le chef-lieu de l'oblast de Samarcande à partir de 1887, faisant partie du Turkestan russe. Un an après, elle est reliée au chemin de fer, par la ligne du Transcaspien. Après la révolution d'Octobre, elle fait partie de la république du Turkestan, avant de devenir, en 1925, la capitale de la république socialiste soviétique d'Ouzbékistan pendant cinq ans. Elle perdra cette place au profit de Tachkent, qui est turcophone (ouzbek), en 1930. Elle devient chef-lieu de l'oblast de Samarcande en 1938.

En mai 2007, l'UNESCO célèbre le 2750e anniversaire de Samarcande et le 2000e anniversaire de Marguilan. Une conférence internationale consacrée au rôle de ces villes dans l'histoire de la civilisation mondiale a lieu le 29 mai 2007 au siège de l'UNESCO à Paris.

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