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Cet
ancien correspondant de l’agence de presse russe Tass à Paris a ouvert avec sa femme une maison d’hôtes à Plios. Il explique au Courrier de Russie pourquoi il a choisi pour sa
retraite un retour à la vie simple et traditionnelle.
Le Courrier de Russie : Pourquoi décide-t-on un jour d’arriver à Plios et d’y rester ?
André Magnenan : (rires) C’est une longue histoire ! Je suis venu pour la première fois en URSS en 1965, avec de nombreux allers et retours. Et puis ma femme est
russe. Il a fallu un jour faire le choix entre la France et la Russie. Nous avons choisi de vivre en Russie, mais dans un village, afin de voir comment les Russes vivaient vraiment,
et non pas dans les grandes villes où finalement la vie ressemble à celle des capitales européennes. Après deux hivers passés dans un tout petit village où nous avons appris des
gens et de la nature, nous sommes tombés sur Plios. C’était extraordinaire, nous avons eu la chance de pouvoir acheter en 2002 une maison magnifique qui surplombe la Volga. Elle a
plus de cent ans, il a fallu tout retaper, il n’y avait ni eau, ni sanitaires. Mais une fois qu’on est là, on n’a plus envie de repartir.
LCDR : Qu’est-ce qui vous a poussé à ouvrir votre maison aux touristes ?
AM : Des raisons économiques essentiellement ; avec l’inflation, ma retraite ne suffisait plus. Comme notre maison a toujours accueilli de nombreux visiteurs,
l’idée nous est venue de financer cette activité. Je voulais aussi combattre l’image négative de la vie rurale en Russie et montrer ses charmes en offrant aux visiteurs une réelle
immersion. Notre intérêt pour Plios n’est pas juste économique. Face au dénuement des gens qui vivent autour de nous, nous ne pouvions pas ne pas réagir. Alors, plutôt que de faire
la charité, nous avons décidé de prendre les plus démunis sous notre aile et de leur donner les moyens de s’en sortir. Nous avons adopté une femme et ses deux enfants livrés à un
mari ivrogne ainsi que deux jeunes de l’orphelinat de Plios.
LCDR : Parlez-nous de Plios et de votre vie ici.
AM : Plios est une ville charmante aux fortifications anciennes, qui offre des ballades superbes entre la Volga et les collines boisées qui encadrent la ville.
L’hiver est long, alors j’écris en attendant les beaux jours et la cueillette de champignons et de baies. Notre maison d’hôtes me permet de rencontrer des gens passionnants, qu’ils
viennent de Plios ou d’ailleurs, et de faire découvrir cette belle région. Je me sens tout à fait chez moi, même si au début les gens venaient me toucher pour s’assurer que ce
n’était pas un rêve, qu’un Français vivait bien chez eux !
Une ville qui dort et fait de beaux rêves
Oubliée du chemin de fer qui a préféré passer plus bas, Plios est une ville du XIIe siècle, qui recense 3 000 âmes, située à mi-chemin entre Kostroma et Ivanovo au bout d’une route
chaotique. Celle-ci traverse la ville, puis s’arrête sur les bords de la Volga, narguant les voyageurs qui pensaient poursuivre leur chemin. Avec ses vieilles églises, ses isbas
colorées, ses ruelles serpentantes et ses nombreux ateliers d’artistes, Plios invite à rester. Serait-ce là la vraie Russie ? Pour prolonger l’illusion, l’Isba russe, petit musée de
l’habitat traditionnel, plonge au cœur de la vie des moujiks. Une babouchka, vêtue d’un sarafan et d’un châle, explique comment s’organisait la vie à la maison, notamment celle des
femmes, autour du grand poêle central qui servait de couche l’hiver. Une visite couronnée par la dégustation de la kacha maison cuite au four et le patois anachronique de la vieille
guide. Mais Plios est également connue pour ses paysages mélancoliques qui ont fait la renommée d’Isaac Lévitan en 1890. Un musée est consacré au peintre. Là, pas de grands chefs
d’œuvre mais le plaisir d’écouter Olga, la conservatrice francophone, parler amoureusement de ce « chanteur des humeurs noires » qui a trouvé à Plios son Havre de silence. La neige
qui tombe donne au village une allure de conte de fée ; je m’attends à croiser à tout moment la Reine des neiges sur son traîneau. Mais ici, comme dans tant d’autres petites villes,
les rues sont souvent désertes. L’hôpital semble abandonné depuis longtemps, pourtant l’ambulance croisée sur la route indique qu’il fonctionne encore. Parfois c’est une babouchka
que l’on rencontre, marchant lentement sur la neige, parfois des hommes une bouteille à la main. Le spectacle des pêcheurs solitaires sur la Volga gelée accentue cette impression de
village fantôme, qui doit s’animer l’été au vu des nombreux débarcadères. Russie de carte postale pour moi mais, pour d’autres, Russie avec laquelle on essaie de se débrouiller au
mieux avec ce qu’elle veut bien donner.
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ce doit être beau où il habite mais moi je ne pourrais pas aller vivre en dehors de mon pays.
Bonne journée sabaka et A+