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La diplomatie de Poutine a changé de ton

Publié le par SABAKA

 

C'est son dernier grand rendez-vous sur la scène internationale. A la surprise générale, Vladimir Poutine a décidé de représenter lui-même la Russie au sommet de l'Otan.

Le président russe, qui s'apprête à céder la place au Kremlin en mai à son dauphin Dmitri Medvedev, n'arrivera certes à Bucarest que jeudi pour participer vendredi au conseil Russie-Otan. C'est-à-dire après les réunions de ce mercredi sur l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie, le projet de Washington qui irrite tant Moscou.

Mais – signe de l'importance de ce dossier sur la diplomatie plus générale du Kremlin – Poutine ne viendra pas les mains vides.

Le chef du Kremlin devrait proposer des « avancées intéressantes » sur un autre front, selon le porte-parole du président : laisser passer par le territoire russe une partie des approvisionnements de l'Otan vers l'Afghanistan. Une offre qui, concernant a priori les seules cargaisons non militaires, simplifierait les voies de ravitaillement de la Force internationale d'assistance à la sécurité, sous commandement de l'Otan. « Le simple fait que Poutine ait décidé d'aller à Bucarest est la preuve d'une volonté d'être constructif », a souligné Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin. L'Afghanistan est un terrain d'entente d'autant meilleur que la Russie a elle-même intérêt à limiter la prolifération d'armes et de drogues en Asie centrale.

Poutine absent aujourd'hui à Bucarest, son ombre sera donc bel et bien présente. Et, malgré le rejet de tout « marchandage » par George Bush, l'offre russe sur l'Afghanistan pourrait devenir un outil de négociation sur le dossier des nouveaux projets d'adhésion de l'Otan. D'autant plus que, hasard ou non de la diplomatie russe de ces derniers mois, le président a particulièrement choyé ses relations avec les chefs d'Etat européens qui, Merkel et Sarkozy en tête, sont les principaux opposants au sein de l'Otan à un élargissement rapide de l'organisation.

« Il y a aujourd'hui un vrai changement de ton ! Moins de tirades anti-occidentales. Plus de modération et de positions constructives », s'est d'ailleurs récemment réjoui un haut diplomate européen à Moscou, surpris lors d'une rencontre bilatérale par la nouvelle ambiance dans la diplomatie russe. « Les Russes ont un langage curieux sur l'Otan. D'un côté, ils louent la coopération dans le cadre du conseil Russie-Otan. Mais ils s'en prennent toujours autant à ce qu'ils appellent une machine de guerre destinée à encercler la Russie. Même si, sur les projets d'élargissement, le langage s'est lui aussi adouci. »

A la veille du sommet, plusieurs personnalités russes ont certes répété haut et fort leur opposition à l'entrée de nouvelles républiques ex-soviétiques dans le giron de l'Otan – « une situation inacceptable, nous ferons tout pour que cela n'arrive pas », a ainsi prévenu Boris Gryzlov, le président de la Douma. Mais c'est loin des menaces passées de Poutine qui avait parlé de rediriger les missiles russes vers l'Ukraine. A Bucarest, avant son départ du Kremlin, c'est lui qui donnera le ton : affrontement ou assouplissement.



le soir.be

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