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McCain vs Obama : quel candidat pour la Russie ?

Publié le par SABAKA


 




Le Courrier de Russie |16 Octobre 2008 | Edition 131 | Les articles du jour | Inna Soldatenko |




Jour J moins...

Le 4 novembre 2008, le monde connaîtra le nom du 44ème président américain. Le nouveau maître de la Maison Blanche suivra-t-il son prédécesseur ou décidera-t-il de changer de cap en matière de politique étrangère? Le Courrier de Russie évalue les persectives des relations russo-américaines en fonction des résutats des prochaines élections.

Pour gagner le coeur du peuple américain, les candidats à la présidentielle abordent les sujets qui touchent et qui fâchent : crise financière, guerre en Irak, menace iranienne et... Russie. Avant août 2008, la « question russe » n’avait été évoquée que cinq fois par John McCain et deux fois par Barack Obama. Mais le conflit russo-géorgien a changé la donne. La Russie est revenue sur l’avant-scène des préoccupations américaines, faisant à nouveau parler d’elle. Lors des débats télévisés du 26 septembre, les candidats ont dénoncé à l’unisson « l’agression russe » en Géorgie, la qualifiant « d’inacceptable ». « La Russie qui se redresse et fait preuve d’agressivité représente une menace pour le monde », martelait Obama. John McCain, qui avait déjà qualifié Poutine de « bad guy », a déclaré « avoir plongé son regard dans les yeux du Premier ministre russe et n’y avoir discerné que trois lettres : K.G.B. » Regard où, huit ans plus tôt, Georges Bush avait pourtant décelé « son âme ». Quoi qu’il en soit, les deux candidats ont confirmé leur intention de « revoir leurs relations avec la dictature russe », en précisant néanmoins qu’une nouvelle guerre froide n’était pas encore à l’ordre du jour.


McCain et Obama divergent concernant les mesures à prendre pour rappeler la Russie à l’ordre. Le premier appelle à l’exclure du G8 pour la remplacer par l’Inde et le Brésil, tandis que le deuxième, plus modéré, insiste sur l’existence de « quelques domaines d’intérêts communs ». Pourquoi coopérer avec les Russes ? Parce qu’« ils possèdent quinze mille ogives nucléaires, expliquait récemment le sénateur de l’Illinois. Et ils peuvent en produire encore quarante mille. Cet arsenal pourrait se retrouver un jour entre les mains d’Al-Qaïda ». Soyons amis avec les Russes afin qu’ils ne s’allient pas avec nos ennemis ? Les relations russo-américaines semblent donc avoir des chances de ne pas se dégrader si Barack Obama gagnait les présidentielles.

Une autre circonstance permettant de caresser cet espoir est le choix de Joe Biden comme colistier du candidat démocrate. Bien que le sénateur du Delaware ait critiqué à plusieurs reprises la politique intérieure russe (guerre en Tchétchénie, affaire Ioukos, élections présidentielles), il est persuadé qu’il est possible de discuter avec les « états voyous » – Russie y compris – contrairement à un John McCain qui refuse tout compromis avec des pays qui violent les idéaux de la démocratie. La colistière de ce dernier, le gouverneur de l’Alaska Sarah Palin, partage son avis sans pour autant faire preuve des mêmes connaissances en politique internationale. Si McCain évoque avec une aisance égale les intérêts stratégiques de la Russie en Crimée ou le rôle de l’oléoduc Tbilissi-Ceyhan dans le conflit russo-géorgien, Sarah Palin se contente de noter qu’elle « voit la côte russe des fenêtres de sa maison », ce qui semble lui suffire en matière d’analyse géopolitique. « Si Poutine décidait de pénétrer l’espace aérien des Etats-Unis, où se dirigerait-il ? Sur l’Alaska ! C’est tout près: il n’a qu’une frontière à franchir. Et c’est depuis l’Alaska que nous envoyons nos gars pour surveiller cette grande puissance qu’est la Russie », affirmait-elle dans une interview accordée à la chaîne CBS, avant d’ajouter qu’elle ne comprenait pas pourquoi ses observations faisaient rire les journalistes. Sarah Palin n’exclut pas la possibilité d’un conflit avec la Russie si la Géorgie, intégrant l’OTAN, était de nouveau victime d’une agression russe. « En tant que membre de l’OTAN, vous pouvez compter sur l’aide de l’organisation en cas d’intervention d’un pays tiers sur votre territoire », précisait-elle sur ABC News.
Les autorités russes, de leur côté, semblent admettre sans émoi l’éventualité d’un refroidissement dans leurs relations avec les Etats-Unis. Polis et courtois dans les communiqués officiels, elles affirment publiquement, via « une source du ministère des Affaires Etrangères » que « la Russie peut cesser de discuter des questions qui inquiètent les Américains et mettre terme à leur coopération bilatérale ». « L’état américain est à deux pas d’une crise profonde, précise le diplomate anonyme, et, pour en sortir, il doit commencer par apprendre à vivre selon ses moyens.» Reste à savoir si ces avertissements atteignent les candidats à la présidentielle. A l’heure actuelle, Barack Obama a le vent en poupe et totalise huit points d’avance dans les sondages sur son adversaire républicain (53% contre 45%). Faites vos jeux...

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