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Le Kremlin renforce son emprise aux élections locales

Publié le par SABAKA

Par Reuters, publié le 02/03/2009 à 08:23 - mis à jour le 02/03/2009 à 11:51

 

 

MOSCOU - Le parti Russie unie du Premier ministre Vladimir Poutine a remporté une nette victoire aux élections locales partielles de dimanche malgré la crise économique, mais l'opposition russe attribue ses gains à des fraudes étendues.

 

 

Dans un bureau de vote à Vladimir, à l'est de Moscou. Selon la commission électorale centrale, le parti Russie unie du Premier ministre Vladimir Poutine a remporté une nette victoire aux élections locales partielles de dimanche en Russie. (Reuters/Alexander Natruskin)

Selon des résultats provisoires annoncés lundi par la Commission électorale centrale, Russie unie arrive en tête avec une marge confortable dans les neuf élections aux assemblées régionales. La participation s'est élevée à 55,7%, soit une légère hausse par rapport au dernier scrutin comparable.

Dans les neuf régions concernées, le parti de Poutine recueillait entre 42,5% (dans le territoire arctique autonome des Nenets) et 79,5% des voix (au Tatarstan). Les chiffres concernant les mairies et les conseils municipaux ne sont pas encore disponibles.

Ces élections étaient les premières en Russie depuis que la crise économique a frappé le pays l'automne dernier. Deux millions de personnes y ont perdu leur emploi, le rouble a été dévalué et beaucoup de salaires ont baissé.

Le Parti communiste d'opposition, dirigé par Guennadi Ziouganov, arrive deuxième mais loin derrière la formation gouvernementale. Des dirigeants communistes ont déclaré que les chiffres officiels ne correspondaient pas aux leurs.

"Ce n'étaient pas des élections à grande échelle, aussi le risque d'irrégularités électorales était-il beaucoup plus grand", estime Ioulia Latynina, commentatrice indépendante. "Personne n'y faisait vraiment attention."

DES "DOUTES SÉRIEUX"

Sergueï Oboukhov, membre du Comité central du Parti communiste, a déclaré à Reuters que des "doutes sérieux" entouraient la légitimité des résultats et que les infractions au code électoral étaient "beaucoup plus élevées" que lors d'élections précédentes.

"Lorsqu'on voit par exemple que (dans la région de) Bryansk les ouvriers étaient obligés de travailler dimanche et de voter sur place dans un bureau de vote contrôlé par les autorités, on ne peut pas appeler cela une élection", a-t-il dit.

Sergueï Ivanov, député du parti de droite LDPR, a fait état de "pressions éhontées" sur des électeurs.

Le président de la Commission électorale centrale, Vladimir Tchourov, qui fut étudiant à la même époque que Poutine, a dit qu'aucune irrégularité ne lui avait été signalée.

Russie unie a en revanche accusé l'opposition d'avoir enfreint les règles électorales en "achetant" des électeurs au moyen de cadeaux parmi lesquels figuraient du vin bon marché et du chocolat dont la date de péremption était dépassée.

Les élections n'étaient pas supervisées par des observateurs internationaux. Selon Golos, principal organe de contrôle non gouvernemental, les irrégularités semblent comparables à ce qui a pu s'observer lors du scrutin présidentiel de 2008 remporté par Dmitri Medvedev. Des observateurs occidentaux avaient alors parlé de conditions de déroulement inéquitables.

Les journaux russes ont réagi avec un cynisme non dissimulé aux dernières élections, jouées d'avance selon eux.

"Il n'existe pas de parti capable de devenir un concurrent sérieux pour Russie unie, même en cette période de crise", écrit la Nezavissimaïa Gazeta. Le parti de Poutine bénéficie de moyens administratifs et de fonds importants ainsi que de l'image populaire du Premier ministre et ancien président.

Vingt millions d'électeurs, soit le cinquième de l'électorat, étaient appelés aux urnes pour le renouvellement des neuf assemblées régionales, des mairies de grandes villes et des conseils municipaux.

Le scrutin ne concernait pas Moscou et Saint-Pétersbourg, ni les régions troublées du Caucase ou la ville de Vladivostok, secouée récemment par des manifestations contre une taxe sur les voitures importées. Poutine et Medvedev n'ont pas pris de part active à la campagne.

Avec Conor Sweeney et Aïdar Bouribaïev, version française Marc Delteil, Guy Kerivel et Philippe Bas-Rabérin

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