Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Russie : les firmes françaises souffrent

Publié le par SABAKA

 

La demande baisse, les liquidités manquent.

De notre correspondant à Moscou

Lorsque Renault a fermé son ­usine de Moscou pendant deux semaines en décembre, à l'issue d'une année de très forte crois­sance du marché automobile (+ 26%), la mesure symbolisait de sombres perspectives pour les entreprises françaises en Russie. Pour en avoir le cœur net, la chambre de commerce et d'industrie française en Russie, appelée Club France, a sondé ses adhérents sur l'impact de la crise, en décembre 2008 et en mars. Premier constat, présenté hier à Moscou par Emmanuel Quidet, président du Club France, la grande majorité des sondés sont désormais touchés (60%).

Neuvième investisseur étranger en Russie (chiffre de 2007), la France compte environ 500 sociétés dans le pays. Sur les 200 sollicitées par le Club France, de la PME à la multinationale comme Total, 70 ont répondu au questionnaire de décembre, 50 en mars.

Aujourd'hui, près de 50% des sociétés subissent une baisse de leur chiffre d'affaires d'au moins 10%. Les principales difficultés rencontrées sont la chute de la demande, le manque de liquidités, et l'accès restreint au crédit.

Le principal facteur macroéconomique qui a affecté les entreprises françaises est la dévaluation du rouble. Entre novembre et janvier, le dollar s'est apprécié de 50%, et l'euro de 30%. «Si vous êtes importateur, ça va être difficile pour vous», résume Gilles Walter, économiste à Moscou auprès de la société d'investissement Camden Partners. Second facteur négatif cité par les sociétés françaises : le gel des crédits. En troisième position sont mentionnées les mesures protectionnistes, ressenties «à travers les difficultés d'obtenir des permis de travail pour les expatriés», résume Emmanuel Quidet.

Résultat, comme ailleurs dans le monde, les entreprises françaises en Russie réduisent leurs dépenses (pour 90% d'entre elles) et licencient (pour 37%). Le retournement du marché du travail est cependant vu pour 63% des sondés comme positif. Le temps où un cadre russe pouvait trouver quatre emplois en une semaine et dicter ses conditions est révolu. Les patrons peuvent désormais mieux fidéliser des salariés auparavant volages.

 

Un marché toujours dynamique

 

Tous les secteurs d'activité ne sont pas également affectés par la crise en Russie. «La pharmacie continue de recruter, le tabac, la grande distribution comme Auchan ou Décathlon s'en sortent bien  », estime Caroline Gaillaerde du cabinet de recrutement Brainpower. Beaucoup d'entreprises considèrent toujours la Russie comme un marché dynamique et prometteur. Ainsi, Carrefour prévoit toujours d'ouvrir cette année ses premiers magasins en Russie et étudie le rachat de la chaîne locale de supermarchés Septième continent. Reste qu'avant de rebondir, conclut Emmanuel Quidet, «l'incertitude la plus totale demeure sur le moment où nous toucherons le fond».

Commenter cet article