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La famille russe d'Elise espère un "règlement" prochain de l'affaire

Publié le par SABAKA

MOSCOU (AFP) — La famille d'Irina Belenkaya, arrêtée en Hongrie après une cavale à travers l'Europe avec sa fille Elise, juge "inimaginable" qu'une mère puisse se retrouver en prison pour avoir enlevé son enfant mais espère désormais un "règlement" prochain de l'affaire.

"Je regrette qu'Irina n'ait pu rentrer en Russie avec Elise. Nous l'avons attendue pendant trois semaines. On était tous très nerveux", a raconté à l'AFP l'ex-mari d'Irina, Viatcheslav Issaïev, à l'issue d'une émission consacrée à l'affaire sur la Première chaîne russe.

"C'était une situation terrible : une mère faisant de l'autostop avec sa fille, d'un hôtel à un autre, les deux traquées par la police", a poursuivi M. Issaïev, posé, en costume-cravate, à la sortie du plateau de l'émission "Qu'ils parlent", diffusée jeudi soir.

Elise (3 ans), enlevée le 20 mars à Arles (sud de la France), a été retrouvée le 12 avril en Hongrie où sa mère, de nationalité russe, tentait de passer avec elle en Ukraine. Elle a été remise à son père français, Jean-Michel André, avec lequel elle est rentrée mardi en France.

Pendant toute cette errance, Irina s'est manifestée "par internet ou en appelant de cabines téléphoniques", ajoute son ex-mari avec lequel elle est retournée vivre. "Elle se sentait traquée, poursuivie".

"L'enlèvement n'était pas planifié, organisé. Sinon elle serait rentrée plus vite en Russie", assure M. Issaïev. Rien à voir, selon lui, avec l'enlèvement d'Elise par son père à Moscou en septembre 2008. "Il a tout organisé, tout payé", affirme-t-il.

"Aujourd'hui, ils sont dans des situations bien différentes : Irina est en prison et on lui a retiré l'enfant, ce qui serait inimaginable dans n'importe quel pays civilisé", martèle M. Issaïev.

La grand-mère d'Elise, Zinaïda Belenkaya, se dit "très inquiète" pour la fillette. "On aurait mieux fait de la laisser avec sa mère, en cellule. Elle est toujours dans ses bras", dit-elle.

Selon ses proches, Irina a tout fait pour que le père, océanographe, dont elle avait fait connaissance à Goa (Inde), se rapproche de la fillette.

"Il ne voulait pas d'enfant (...) Irina a emmené Elise en France lorsqu'elle avait un an" pour qu'elle fasse la connaissance de son père, a ajouté M. Issaïev, affirmant que M. André avait d'abord voulu qu'elle avorte.

Aujourd'hui, la fillette ne parle plus russe, déplore sa famille moscovite. "Elle vit dans un monde inventé pour elle par M. André. Lorsqu'ils achètent des habits, elle dit: +Je prends ce qui plaît à Jean-Michel+. Elle ne l'appelle toujours pas papa", accuse le beau-père.

Pour la famille comme pour les autorités russes, le préalable à tout règlement à l'amiable est évident : "Il faut d'abord que le père fasse ce qu'il dit depuis le début, qu'il retire sa plainte contre Irina", résume M. Issaïev.

L'enlèvement d'Elise par sa mère, "ce fut un choc". "Mais aujourd'hui, je me dis que cela offre une chance réelle pour régler cette affaire officiellement, juridiquement", esquisse-t-il toutefois, alors que les deux pays ont engagé une médiation.

"Je n'aime pas beaucoup M. André, je ne lui fais pas confiance, mais j'espère qu'il va se calmer et se comporter comme un être humain. Irina aussi va se calmer. Que Dieu lui vienne en aide pour qu'elle rentre en Russie. Ensuite ils pourront se mettre d'accord", renchérit la grand-mère.

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