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Medvedev veut sortir la Russie du soviétisme

Publié le par SABAKA

Pierre Avril - Correspondant à Moscou
12/11/2009 | Mise à jour : 20:14
Dans son discours du Kremlin, jeudi, Dmitri Medvedev a dit vouloir incarner celui qui aura tenté de sortir son pays de l'économie administrée et de la corruption.
Dans son discours du Kremlin, jeudi, Dmitri Medvedev a dit vouloir incarner celui qui aura tenté de sortir son pays de l'économie administrée et de la corruption. Crédits photo : AFP

Le chef du Kremlin prône une modernisation radicale de son pays.

Il y a un mois, dans un article publié sur un site d'information en ligne, Gazeta.ru, Dmitri Medvedev jugeait son pays «arriéré et corrompu». Jeudi, sous les ors du Kremlin, face à l'ensemble de l'élite politique russe, rassemblée à l'occasion de son discours annuel à la nation, le chef du Kremlin a estimé que la Russie devait être «modernisée de fond en comble». D'une audience à l'autre, le langage diffère, mais l'objectif politique reste le même : Dmitri Medvedev souhaite incarner le personnage qui aura tenté de sortir son pays des ornières de l'économie administrée et de la corruption, et de le guérir de son addiction au pétrole. De créer un royaume d'entrepreneurs là ou naguère sévissait le régime des soviets. «Pour la Russie, c'est une question de survie dans le monde contemporain», a déclaré le président russe dans un discours fleuve. «Des complexes industriels d'extraction du gaz jusqu'aux armes nucléaires en passant par l'infrastructure de communications, tout a été créé en grande partie par des spécialistes soviétiques, pas par nous», a regretté Dmitri Medvedev. «L'heure est venue, pour les nouvelles générations du peuple russe, de faire entendre leur parole et de faire accéder leur pays à une nouvelle étape de développement», a-t-il ajouté.

 

En finir avec les conglomérats

 

La Russie nouvelle vue par le Kremlin, produira ses propres médicaments d'ici à 2020, lancera des fusées de «qualité mondiale» à partir de 2015, apportera l'Internet à haut débit dans les écoles, construira des routes selon «les standards européens», érigera, avant 2014, des réacteurs nucléaires de nouvelle génération et équipera ses armées des meilleures technologies, notamment occidentales. La part de l'État dans l'économie nationale ne sera jamais supérieure à 40 %. Le président russe entend en finir avec les conglomérats publics spécialisés dans l'armement, la finance ou l'atome, mis en place par son prédécesseur Vladimir Poutine.

Plus anecdotique, et pour des raisons d'efficacité économique, Dmitri Medvedev souhaite réduire le nombre de fuseaux horaires (11) qui régentent la vie du pays. Aujourd'hui, un fonctionnaire de Petropavlosk-Kamtchatskï, dans l'Extrême-Orient russe, doit attendre 18 heures avant de pouvoir téléphoner à ses supérieurs à Moscou.

Cette révolution annoncée de l'économie russe devrait s'accompagner d'un toilettage institutionnel censé favoriser une «concurrence libre, juste et civilisée entre les partis» politiques. Les élections régionales du 11 octobre s'étaient caractérisées par des fraudes massives organisées au profit de Russie unie, la formation de Vladimir Poutine.

En creux, le discours s'apparente à une critique de l'action conduite depuis 2000 par son prédécesseur et mentor en politique, aujourd'hui premier ministre. Mais le message, préalablement coordonné entre les deux hommes, reste soigneusement calibré. C'est à Vladimir Poutine que reviendra le dernier mot, dans un discours de politique générale qu'il prononcera devant son parti, le 20 novembre à Saint-Pétersbourg. Jeudi, le magazine américain Forbes plaçait le premier ministre russe au troisième rang des personnalités les plus influentes au monde, quarante places loin devant Medvedev.

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