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Michelin veut développer

Publié le par SABAKA

 Reportage Challenges.fr Michel Rollier, le patron du groupe de pneumatiques, était le seul dirigeant à s'exprimer jeudi à la première conférence mondiale pour la sécurité routière, inaugurée par Dmitri Medvedev
(c) Sipa

SEUL patron d'une société privée à s'exprimer à la première conférence mondiale pour la sécurité routière, inaugurée jeudi par le président russe Dmitri Medvedev, Michel Rollier est venu à Moscou avec une idée en tête: continuer à construire l'image de la marque Michelin en Russie, malgré la chute vertigineuse des ventes d'automobiles -50%! - depuis le début de l'année. Car le gérant du groupe français croit au redressement rapide de ce marché devenu de manière éphémère, l'an dernier, le premier d'Europe devant l'Allemagne. "Le marché russe va revenir au niveau de l'année 2008", estime-t-il, au moment où l'OCDE prévoit pour la Russie une croissance de 4,5% en 2010.

"La voiture, dans ce pays, continue de faire rêver", souligne Eric Faidy, directeur général de Michelin pour la Russie et la CEI. A la clé, un marché de près de 50 millions de pneus à conquérir, dans un pays où les rigueurs climatiques contraignent à adopter des pneus d'hiver dès les premiers froids. En 2004, Michelin a été le premier constructeur occidental à implanter une usine de pneus tourisme en Russie, à Davydovo, près de Moscou. Une décision justifiée, non seulement par la taille du marché, mais aussi par l'importance des droits de douane à l'importation, qui s'élèvent de 15% à 25% selon les modèles.

C'est Edouard Michelin qui avait décidé de faire de la Russie une des priorités du groupe, après la Chine, l'Inde et le Brésil. Depuis, le finlandais Nokian a lui aussi ouvert une usine, près de Saint-Pétersbourg, Yokohama est en train d'en construire une, Goodyear et Pirelli ont des projets dans leurs cartons. Pour ne pas perdre son avance sur ses concurrents occidentaux, sur ce marché dominé par les constructeurs locaux, Michelin réfléchit à une augmentation de la capacité de son usine. Mais la décision n'est pas prise. "Nous suivrons la croissance du marché russe, au besoin en important", souligne Michel Rollier. L'importation reste aussi de rigueur pour les pneus destinés aux activités minières -grande spécialité russe-, à l'agriculture -une activité en très forte croissance- et aux poids lourds, nombreux à sillonner les 9.000 km qui séparent l'est et l'ouest du pays. Trois raisons supplémentaires de croire à l'avenir du marché russe.

par Anne-Marie Rocco, envoyée spéciale à Moscou pour Challenges, vendredi 20 novembre 2009.

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