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Quand l'agence spatiale russe anticipe le grand cataclysme

Publié le par SABAKA

Mis à jour 01-01-2010 20:29

Si la fin du monde ne survient pas en 2012, comme annoncé par la prophétie maya, ce ne sera pas pour 2036, foi d'astronome russe !

 

Photo : Don Davis/NASA

Moins connue que la Nasa, son homologue américaine, la Roscosmos, autrement dit l'Agence Spatiale Fédérale Russe n'en est pas moins une institution des plus sérieuses.

Ainsi, quand les astronomes de la Roscosmos évoquent la collision entre un énorme astéroïde et la Terre dans les trente ans à venir, il peut y avoir de quoi s'inquiéter.

Encore que... D'après les récentes déclarations du directeur de l’agence, inutile de paniquer : Moscou est sur le coup.

Scénarios catastrophes 
L'affaire n'est pas nouvelle : depuis sa découverte en juin 2004 par des astronomes de l'université d’Hawaii, l'astéroïde Apophis a fait l'objet de bien des calculs et polémiques astronomiques.

Il faut dire qu'aux dernières estimations, ce corps céleste constitué de fer pèserait pas moins de 27 millions de tonnes. S'il venait à heurter la Terre, à plus de 12 kilomètres par seconde, il creuserait un cratère de quelque 4 km de diamètre et tuerait sur des centaines de kilomètres à la ronde, sans parler de l'hiver "nucléaire" qui en résulterait, pour des mois, sur tout un hémisphère.

Scénario guère plus enthousiasmant, s'il rencontrait un océan, l'objet provoquerait un tsunami géant susceptible de noyer bon nombre de mégapoles. Au large de la Californie par exemple, une déferlante de plus de quinze mètres de haut atteindrait le quatrième étage des bâtiments.

Un réel risque de collision ?
Cette vision cauchemardesque n'est pas si hollywoodienne qu'il y parait.

Dès 2004, des astronomes annonçaient qu'en 2029, l'astéroïde frôlerait la Terre, à 32 000 km, le dixième de la distance qui nous sépare de la lune, et qu'il pourrait franchement rencontrer notre planète sept ans plus tard, le 13 avril 2036. Non, pas un vendredi 13 mais un dimanche.

En orbite autour du soleil, l'astéroïde Apophis suit en effet une trajectoire relativement proche de celle de la Terre, de sorte que nous la croisons deux fois, à chacune de ses révolutions.

Au fil du temps et des nouveaux calculs, la Nasa a largement revu à la baisse le risque de collision, estimant fin 2006 qu'il y avait moins d'une probabilité sur 45.000 pour qu'un tel impact survienne dans le siècle à venir.

Encore plus rassurants, les experts américains estiment actuellement le risque à 1 contre 250.000, annonçant cependant qu'Apophis passerait à moins de 30.000 km de la Terre, c'est à dire sous l'altitude de certains satellites.

Le hic, c'est que l'orbite de l'objet n'est pas absolument prévisible, de sorte que l'on ne sera vraiment fixé que dans quelques années.

L'option russe
De toute façon, peu importe, d'après les récentes déclarations d'Anatoly Perminov, le directeur de l'agence spatiale russe, la Russie plancherait d'ores et déjà sur une mission de sauvetage de la Terre.

Loin du lancement de missiles nucléaires généralement envisagé dans les films de science-fiction pour détruire des astéroïdes menaçants, Perminov plaide pour un détournement en douceur.

Les conséquences de la défragmentation d'Apophis pouvant être pires qu'une collision avec l'astéroïde en un seul morceau, l'idée d'une frappe atomique ne semble en effet pas pertinente. Elle serait du reste interdite par les traités internationaux sur la non-prolifération nucléaire.

"Il est possible de créer un vaisseau spatial (...) dans le temps dont nous disposons, qui nous permettrait d'éviter la collision" a expliqué Perminov mercredi dernier, convaincu que "nous devrions débourser quelques centaines de millions de dollars pour mettre en place un dispositif qui nous permette d'éviter une collision, plutôt que de rester assis, à attendre qu'elle ne survienne et emporte des centaines de milliers de gens".

Pour l'heure, le responsable russe qui évoque un impact en 2032 s'est refusé à entrer dans les détails de sa stratégie anti-astéroïde, mais l'idée générale semble qu'en jouant de l'interaction des corps, une navette de petites dimensions suffirait à infléchir la trajectoire d'Apophis, malgré ses quelque 300 mètres de diamètre.

Pas si bête, et selon certains observateurs, pas totalement inutile d'envisager la question, peut-être pas contre Apophis, mais dans l'absolu.

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