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Rien ne va plus dans la police russe + video

Publié le par SABAKA

 





Par Axel Gyldèn, Alla Chevelkina, publié le 15/12/2009 à 13:00

 

Entre bavures, vodka et pots-de-vin... La police russe ressemble de plus en plus à un bateau ivre. Au propre comme au figuré.

Il est l'homme par qui le scandale arrive. Au début du mois dernier, l'officier de police Alexei Dymovsky diffuse sur Internet une vidéo de dix minutes dans laquelle il interpelle le Premier ministre Vladimir Poutine. Sanglé dans son uniforme gris-bleu, il dénonce les conditions de travail épouvantables et la corruption débridée au sein de la police russe.

Limogé mais écouté

Après dix années passées à la tête d'une unité de Novorossiysk, un port sur la mer Noire, il précise qu'il ne supporte plus d'avoir à élucider des enquêtes fictives ni à arrêter des innocents dans l'unique but de satisfaire à la "culture du résultat". L'officier évoque ces jeunes recrues qui affirment que le maigre salaire (12 000 roubles, soit 279 euros) "ne [les] rebute pas car [elles comptent] sur les pots-de-vin". Aussitôt, l'obscur officier est limogé, mais il accède à la célébrité. Un million de Russes ont déjà visionné son témoignage. Deux jours après l'avoir mis en ligne, il donnait à Moscou une conférence de presse hypermédiatisée.

Pour les uns, Dymovsky est un traître. Mais, pour la plupart, il est celui qui brise le mur du silence. Par effet domino, d'autres policiers ont depuis révélé les dysfonctionnements de l'institution policière. Au commissariat n°27 de Saint-Pétersbourg, plusieurs gardiens de la paix ont récemment été arrêtés après une opération d'extorsion portant sur 25 millions de roubles (580 000 euros). Malgré cela, le sentiment d'impunité demeure. Combiné à l'alcoolisme, il fait des ravages.

Des bavures, alcoolisées, sordides

Le 26 novembre, un malheureux en garde à vue a été frappé à mort dans un commissariat de Saint-Pétersbourg. Quatre jours plus tôt, à Moscou, un homme originaire d'Abkhazie a subi un passage à tabac mortel, dans la rue et en plein jour, sous le regard horrifié des passants. Le pire drame est survenu en avril dernier. Une fusillade avait alors éclaté dans un supermarché moscovite, faisant deux morts et sept blessés. Son auteur? Le chef d'un commissariat de Moscou, complètement saoul.

Cette année, le nombre de crimes commis par des policiers a augmenté de 16%. Résultat: le ministre de l'Intérieur a déclaré il y a peu que les Russes étaient fondés à se défendre en cas d'abus de pouvoir de la police. Une promotion de l'autodéfense plus inquiétante que rassurante.

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