 | Vladimir Priblykhovski, directeur du centre de recherches Panorama. Il semble que Vladimir Poutine détienne toujours le pouvoir effectif. Il suffit d’analyser la composition de la nouvelle administration présidentielle pour s’en persuader. A l’époque de la présidence Poutine, c’est là que se trouvait le principal centre de la prise des décisions. L’administration jouait un rôle de gouvernement de l’ombre. Et c’est par l’introduction dans ses rangs de ses fidèles que Poutine avait commencé de consolider sa position en 2000, juste après son élection. Medvedev ne dispose pas de la même liberté de choix dans la formation de son équipe. Dans l’administration actuelle, on ne trouve que trois personnes qu’on peut supposer fidèles à Medvedev : le dirigeant du département de contrôle Konstantin Tchouïtchenko, ex chef du département juridique de Gazprom et ancien camarade universitaire de l’actuel président ; l’attachée de presse Natalia Timakova, qui avait assuré sa campagne médiatique et le conseiller Mikhaïl Trinoga qui dirigait le secrétariat de Medvedev à la Maison blanche. Pourtant, ils seront tous contrôlés par des hommes de Poutine. Ainsi, Konstantin Tchouïtchenko devra coordonner ses actions avec Vladislav Sourkov, premier adjoint du chef de l’Administration, Natalia Timakova aura à prendre en compte les indications d’Alexeï Gromov, ancien attaché de presse au Kremlin qui connaît Poutine depuis leur service commun au KBG en Europe de l’Est et Mikhaïl Trinoga sera sous les ordres d’Alexandre Beglov, autre adjoint du chef de l’administration et proche de Poutine. Natalia Iantaltseva, ancienne secrétaire de Poutine, sera chef du protocole de Dmitri Medvedev. Ainsi, c’est toujours la vieille garde poutinienne qui mène la danse dans la pratique. Dmitri Orechkine, politologue. Valdimir Poutine continue de prendre les décisions importantes. C’est notamment lui qui a choisi de remercier l’ancien chef du FSB Nikolaï Patrouchev et de désigner à sa place son adjoint Vladimir Bortnikov. Il a également pris la décision de mettre Patrouchev à la tête du Conseil de sécurité. Pourtant c’est le président qui est censé gérer le domaine de la Défense, c’est une de ses principales fonctions. Vladimir Poutine a encore décidé de garder Viktor Lavrov au poste du ministre des Affaires étrangères, autre secteur en théorie réservé de la présidence. Igor Bounine, président du centre des technologies politiques. Actuellement, Poutine jouit d’une influence plus importante que Medvedev. Le Premier ministre a à sa disposition des ressources plus considérables que le président : il s’appuie sur la majorité parlementaire et vient de former un gouvernement dont trois vice premiers ministres (SergueÏ Sobianine, Igor Setchine et Igor Chouvalov) sont issus de l’administration présidentielle. Ceci témoigne du fait que la Maison blanche se transforme en deuxième centre de prise des décisions, qui existera en parallèle avec le premier situé au Kremlin et sur Staraïa plochad, siège de l’administration. Cette dernière ne perdra pas son poids non plus. La direction en sera assurée par Sergueï Narychkine, ancien chef de l’administration gouvernementale, personnage très influent dont la candidature, selon certains experts, aurait été également étudiée au moment où Poutine se choisissait un successeur. La présence de deux centres de pouvoir risque de compliquer considérablement la prise de décisions clés, surtout quand les circonstances demandent une réaction rapide et coordonnée. Valeri Khomiakov. Président du Conseil de la stratégie nationale. En Russie, il n’y a pas de dyarchie. Il n’y a qu’une personne qui détient le pouvoir. Il s’appelle Dmitri Medvedev. Les autres lui sont subordonnés. | |