poutine s'incline devant la dépouille de Soljenitsybne
MOSCOU, 5 août 2008 (AFP) - 05/08/2008 09h34
Le Premier ministre et ex-président russe Vladimir Poutine s'est incliné mardi devant la dépouille de l'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, grande figure de la dissidence soviétique, selon des images retransmises en direct à la télévision russe.
M. Poutine est arrivé à 12H50 (08H50 GMT) à l'Académie des Sciences à Moscou, un bouquet de roses rouges à la main, qu'il a déposé devant le cercueil, ouvert, dans lequel repose le prix Nobel de littérature 1970.L'ancien président s'est ensuite signé devant la dépouille puis a embrassé la veuve de l'écrivain, Natalia Soljenitsyna, avec laquelle il s'est entretenu pendant quelques instants.
M. Poutine avait rendu plusieurs fois visite à l'écrivain pendant sa présidence (2000-2008), non sans que cela suscite quelques grincements de dents parmi les anciens dissidents en raison de son passé d'officier du KGB.
Depuis le décès d'Alexandre Soljenitsyne dans la nuit de dimanche à lundi, il a largement éclipsé le président Dmitri Medvedev dans l'hommage officiel, saluant le premier sa mémoire lundi en qualifiant sa disparition de "grande perte pour la Russie".
© 2008 AFP
Biographie [modifier]
La mère d'Alexandre, Taisia Solzhenitsyna, partit étudier à Moscou où elle rencontra un jeune officier de l'armée, Isaakiy Soljenitsyne. En 1918, Taisia est enceinte d'Alexandre. Peu après l'annonce de la grossesse de sa compagne, Isaakiy meurt dans un accident de chasse. Alexandre naît à Kislovodsk, une station thermale Russie du kraï de Stavropol. Le 7 avril 1940, il épouse Natalya Alekseevna Reshetovskaya, une étudiante en chimie[1] dont il divorce en 1952, puis se remarie en 1957, divorce à nouveau en 1972, et, l'année suivante, il épouse Natalya Dmitrievna Svetlova, une mathématicienne.
Sa mère avait encouragé son penchant pour la littérature et les études scientifiques, mais mourut peu avant leur début, en 1940. Élève à l'école et à l'université des sciences de Rostov-sur-le-Don, il étudie la littérature, les mathématiques et la doctrine communiste. Il adhère aux idéaux révolutionnaires de l'époque[2]. Lors de l'invasion allemande en 1941, il se bat comme artilleur[2]. Il est condamné en 1945 à 8 ans de prison dans les camps de travail pour activité contre-révolutionnaire, après avoir entretenu une correspondance critique à l'égard des politiques staliniennes et ses compétences guerrières[3].
Selon Soljenitsyne, la guerre avec l'Allemagne nazie aurait pu être évitée si le gouvernement soviétique avait trouvé un compromis avec Hitler. Soljenitsyne accusa le gouvernement soviétique et Joseph Staline d'avoir été plus responsable qu'Hitler des terribles conséquences de la guerre sur le peuple soviétique. Il fut condamné à l'époque comme traître. À sa sortie du camp en 1953, quelques semaines avant la mort de Staline[2], il est envoyé en exil perpétuel au Kazakhstan. Il est réhabilité en 1956 et s'installe à Riazan, à 200 km au sud de Moscou, où il enseigne les sciences physiques.
Pour en savoir plus sur cet homme, cliquez ici