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Moscou prépare une détente dans les relations avec l'Occident

Publié le par SABAKA

Moscou prépare une détente dans les relations avec l'Occident (Nezavissimaïa gazeta)
 
14:35 | 19/ 09/ 2008
 

MOSCOU, 19 septembre - RIA Novosti. Le Kremlin n'envisage pas d'approfondir encore davantage sa confrontation avec l'Occident en général et les Etats-Unis en particulier, affirme vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Plusieurs sources bien informées, tant à l'administration présidentielle que dans son entourage, ont indiqué que toute une série de mesures seraient prochainement adoptées en vue d'améliorer les relations et de diminuer la tension dans le dialogue avec les partenaires clés occidentaux.

Un groupe de travail informel, dirigé par le chef adjoint de l'administration présidentielle Alexeï Gromov, est actuellement en train d'élaborer un paquet de mesures prioritaires.

La décision de Medvedev de faire retomber la tension dans les relations avec l'Occident est due à la réaction relativement modérée des Etats-Unis et surtout de l'Union européenne à la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. L'absence de tentatives pour introduire des sanctions réelles contre la Fédération de Russie a démontré que l'Occident, en dépit de la rhétorique fauconnière de nombreux de ses hommes politiques et analystes, n'a pas l'intention de se brouiller avec la Russie à cause de la Géorgie. La crise financière y est également pour quelque chose: l'économie russe faisant aujourd'hui partie de l'économie mondiale, il est presque impossible de surmonter ses conséquences dans les conditions d'un isolement de la Russie.

Selon les informations fournies par les sources de Nezavissimaïa gazeta, le président a tracé des "lignes rouges" pour l'équipe de Gromov. Ainsi, le Kremlin ne renoncera en aucune façon à la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud ainsi qu'au déploiement de bases militaires sur les territoires de ces deux nouveaux Etats. Des concessions radicales sur le plan économique, comme la ratification du Traité relatif à la Charte de l'Energie supposant un libre transit des produits énergétiques asiatiques via le territoire russe, sont également exclues d'avance.

Dans le même temps, le Kremlin peut, à l'instar du président biélorusse Alexandre Loukachenko, alléger le sort de certains citoyens russes considérés en Occident comme des prisonniers politiques. D'ailleurs, toutes les sources sont unanimes à penser que ces gestes, s'ils interviennent, ne devraient pas concerner Mikhaïl Khodorkovski.

Une libéralisation des conditions de participation des grands groupes transnationaux aux projets stratégiques liés aux matières premières en Russie est cependant tout à fait envisageable. Et, en guise de "cerise sur le gâteau", le Kremlin pourrait proposer à l'Occident des remaniements ministériels: certains fonctionnaires qui suscitent une irritation excessive à Washington et dans les capitales européennes pourraient se retirer à l'arrière-plan. Par exemple, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui s'est pratiquement transformé en symbole de la confrontation croissante entre la Russie et l'Occident.

Dmitri Medvedev essaie sans doute de trouver une solution qui permettrait d'établir une paix stratégique avec l'Occident sans avoir à céder aucune position géopolitique. S'il y parvient, on pourra parler avec certitude du début d'une nouvelle époque dans la politique extérieure russe, où le partenariat constructif avec l'Occident reviendra à "une amitié entre partenaires égaux et forts" et non à des relations entre un chef tout-puissant et un timide subordonné.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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