Quimper: nouvelle action des grévistes de Cummins

Les grévistes ont déposé à l'extérieur des bâtiments tous les tableaux et documents décrochés à l'intérieur.
Les élus CGT rencontrent Bernard Poignant ce matin. Hier, les grévistes ont mené une action symbolique dans les locaux de l'entreprise.
Face à eux, Franck Couton, secrétaire du comité d'entreprise et membre de la CGT, les invite à entrer dans les locaux de l'entreprise. Objectif : décrocher les tableaux qui ornent les couloirs. « Je veux du bruit mais pas de bordel. On ne casse rien. On enlève tout ce qui traite des conditions de travail, du respect d'autrui... »
« Nous voulons du soutien »
Ils entrent d'abord dans les locaux administratifs en criant. Quelques minutes plus tard, ils ressortent les mains pleines et déposent, à terre, les fameux panneaux qui rappellent les « valeurs » de l'entreprise, la « politique du traitement des autres sur le lieu de travail ». Ironie du sort, l'un d'entre eux donne la « vision » de l'entreprise : « améliorer la vie de chacun en libérant la puissance de Cummins »...
Puis, direction le centre de distribution. Même cause, même punition. Sur le côté, les membres de la CFE-CGC sont en grève eux aussi mais ne participent pas à l'action. Ils refusent de la commenter.
Une chose est sûre, les grévistes ne veulent pas faiblir. Certains comptent « mettre la pression. La direction de Cummins a décidé de mettre tous les personnels de production en RTT cette semaine alors que ça fait des mois que nous ne pouvions plus en poser, suite au départ des intérimaires. Elle fait ça pour faire pourrir le mouvement », lance Franck Couton.
La CGT a d'ailleurs obtenu une entrevue avec Bernard Poignant, maire de Quimper, à 8 h ce matin. Six élus du comité d'entreprise seront reçus en mairie. « Nous voulons un peu de soutien de la mairie face à ce plan de sauvegarde de l'emploi complètement vide », réclame Franck Couton.
Hier après-midi, c'est avec l'inspection du travail que la CGT avait rendez-vous. Pour aborder la question des 120 intérimaires qui ont été « remerciés » en octobre dernier.
« Déterminés »
Selon le syndicat, certains intérimaires auraient dû bénéficier d'un contrat à durée indéterminée (CDI) depuis longtemps. Ce qui leur aurait permis de faire partie du plan social. Une procédure pénale incriminant le recours abusif à l'intérim devrait être lancée par l'inspection du travail à l'encontre de Cummins.
Procédure dans laquelle les syndicats seront invités à se porter partie civile. « Le départ de ces intérimaires a occasionné une charge de travail supplémentaire pour les salariés. C'est pourquoi nous demandons une prime de 2000€. Cette demande est un poids supplémentaire dans l'action qui sera engagée par l'inspection du travail », ajoute la CGT.
En attendant de voir si dirigeants et salariés trouveront un terrain d'entente, les grévistes restent sur le site, nuit et jour. « Nous sommes déterminés », préviennent-ils.