| La nouvelle First Lady lit des prières aussi bien que prépare des suchis C’est « Sveta », la nouvelle « pervaïa lady »... Svetlana Medvedeva, 42 ans comme son mari, s’apprête à entrer au Kremlin avec Dmitri Medvedev, nouveau président russe. Depuis qu’en décembre dernier, le discret premier vice premier ministre a été choisi comme dauphin de Vladimir Poutine, la machine médiatique a beaucoup oeuvré pour transformer la terne personnalité du futur chef d’Etat. Du coup, la presse populaire n’a pas manqué de lui trouver une dose de glamour en la personne de Svetlana, élégante blonde au buste impressionnant et à la garde robe prétendument très distinguée. Mais, tout comme la campagne électorale de Dmitri, la campagne médiatique de Svetlana a été très bien coordonnée et... contrôlée. Ainsi, d’articles en articles, ce sont toujours les mêmes informations qui reviennent, sans laisser transparaître la réelle personnalité du nouveau chef du Kremlin ni celle de la nouvelle première dame de Russie. Paradoxalement, Svetlana apparaît d’ailleurs rarement en public et les photos d’elle sont rares. Tout a commencé à l’école 305 de Leningrad, aujourd’hui Saint-Pétersbourg, où les deux tourtereaux se sont rencontrés la première fois il y a trente-cinq ans. Ils avaient 7 ans. Maintes fois interrogée, une enseignante a depuis raconté comment Svetlana était une jolie petite fille qui suscitait l’intérêt de nombreux garçons mais qui, pendant les récréations, a eu finalement un faible pour les promenades avec le président en devenir. Medvedev a lui même raconté comment il était tombé amoureux vers l’âge de 14 ans. « J’ai alors perdu tout intérêt pour les cours. C’était bien plus intéressant d’aller se promener avec ma future femme ». Dmitri, qui a poursuivi sa formation à la faculté de droit de Saint-Pétersbourg, et Svetlana, qui a fait des études de finances et d’économie, se sont finalement mariés en 1989, à l’âge de 24 ans. Sept ans plus tard, est né leur fils unique Ilya, aujourd’hui un adolescent totalement absent de la scène politico-médiatique. Medvedev a lui même reconnu qu’après cette naissance, il a demandé à Svetlana de rester à la maison. L’épouse a accepté et, depuis, elle n’a pas travaillé. Femme de famille et de responsabilités, elle aurait suivi des cours pour apprendre à cuisiner les sushis, les plats de poissons japonais très à la mode chez les Medvedev comme dans tout Moscou et les grandes villes de province. A en croire la presse, Svetlana est cependant loin d’être réduite aux fourneaux. Elle serait très active et ouverte. Femme de mode et patriote, elle organise des défilés et soutient les créateurs russes. Elle est même l’amie de Valentin Ioudachkine, le célèbre couturier de l’élite riche de Moscou. Elle ferait aussi ses emplettes à Milan ou à Londres. The Times, le journal britannique, a d’ailleurs rapporté que les Medvedev avaient été vus à l’aéroport londonien d’Heathrow « croulant sous les boîtes à chapeau d’Harrods », le fameux grand magasin de luxe. Svetlana, fille d’une famille de militaires, est aussi une femme de musique et de variété. Parmi ses amis, figure Alla Pougatcheva, l’éternelle vedette de la pop russe qui a récemment chanté lors du concert anniversaire de Gazprom. Un concert où le premier rang était occupé par les deux présidents, présent et futur, et où, sur scène, les vraies stars étaient les légendaires rockeurs de Deep Purple, le groupe préféré des Medvedev. Enfin, pour compléter le portrait, Svetlana est une femme de religion et de coeur. Croyante comme son mari, elle participe à de bonnes oeuvres sociales et dirige un projet éducatif soutenu par l’Eglise orthodoxe pour communiquer les valeurs spirituelles à la jeunesse. L’année dernière, elle a d’ailleurs reçu la première médaille d’un ordre établi pour remercier les femmes ayant servi « le bien de l’Eglise et de la Patrie ». Bref, loin des épouses grises et effacées des dirigeants soviétiques, « Sveta » aurait son caractère et sa vie propres. Avec le charme de Raïssa, Madame Gorbatchev qui avec sa garde robe très stylée avait séduit le public occidental mais irrité l’opinion russe. Et avec la discrétion de Loudmila, Madame Poutine qui, ancienne hôtesse de l’air aux tailleurs très peu distingués et sources de régulières moqueries, n’a jamais vraiment fait parler d’elle. Dans le vent mais soucieuse des valeurs chrétiennes, sophistiquée mais pas démonstrative, bien habillée mais sans excès, la nouvelle « pervaïa Lady » incarnerait ainsi la « modernité ». Une parfaite fidélité à son mari de président. | | | |