Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jérôme Kerleau, un éleveur breton en Russie

Publié le par SABAKA

 
 

 

Le soleil se lève toujours à l'Est. Pour Jérôme Kerleau aussi. Ce jeune Rennais aux origines gravées dans le massif armoricain – sa mère est originaire de la Baie de St-Brieuc et son père de Guingamp – a jeté son dévolu sur l'Europe de l'Est. "Mon frère aîné était parti à l'étranger pour les Centres Leclerc. Puis, il m'a motivé pour tenter ma chance dans ces contrées", explique-t-il (1).
C'est en Russie que J. Kerleau pose ses valises. Dans un élevage de porc aux dimensions de ce grand pays : 3 200 truies naisseur-engraisseur. "J'ai découvert l'élevage porcin au détour d'un stage d'étudiant à l'agro de Rennes. Depuis, le virus de cette production ne m'a plus lâché", dit-il pour expliquer son choix.
Taillé pour la compétition mondiale
Salarié d'un groupe russe, J. Kerleau a pour mission d'encadrer les 3 équipes de 40 salariés qui travaillent sur l'élevage, de vérifier la bonne exécution des tâches, de mettre en place des protocoles d'élevage, etc. Avec ses yeux toujours rivés sur les objectifs de production… "Nous connaissons les objectifs à atteindre sur une semaine, sur 1, 3 ou 6 mois. Nous ne recherchons pas toujours le plus de porcelets, mais le mieux économique", indique cet éleveur qui utilise les mêmes techniques (insémination, génétique, gestion informatique …) qu'en Europe de l'Ouest ou en Amérique. "Ici, nous n'avons toutefois pas adopté la conduite en bandes. Nous conduisons en continu à la semaine, avec deux sevrages par semaine ce qui permet de diluer le pic des inséminations et des naissances".
Quand on lui parle de performances, Jérôme Kerleau n'hésite pas. "Au niveau de mon entreprise, les résultats techniques sont comparables à ceux de la Bretagne. Mais globalement, sur le pays, la réalité est tout autre. En revanche, la taille moyenne locale des ateliers me semble un avantage sur le plan de la compétition mondiale".
Pas de complexe non plus sur le plan environnemental. "Les normes sont plus strictes qu'en Bretagne. Ici, la capacité de stockage est de 2 ans minimum ; avec tous les problèmes que cela pose pour l'épandage : il nous faut une véritable flotte de tracteurs. C'est pourquoi notre groupe a décidé d'investir dans le traitement de lisier".
"Sauf en engraissement où ce sont des hommes, la main-d'œuvre est essentiellement féminine", poursuit ce jeune Breton. "À l'origine, ce sont des salariés non spécialisés que nous formons au métier". Dans ce pays où les personnes ne rechignent pas à travailler le samedi et le dimanche, mais bénéficient tout de même de deux jours consécutifs de repos, une tournée de ramassage du personnel est organisée chaque matin et chaque soir (journée de 8 h à 17 h).
Après trois années d'activité, J. Kerleau n'envisage pas quitter de sitôt ce pays "pas facile, mais très attachant. Certes la maîtrise du russe n'est pas toujours évidente, mais le quotidien nous immerge", dit celui qui finit par un petit parallèle russo-breton : "Dans cette région au climat continental avec ses étés et ses hivers très marqués, de mi-septembre à fin octobre le temps rappelle le bon automne pluvieux breton". Ah, sacré crachin de Brest, quand tu nous tiens…


Une région en fort développement
Dans cette zone Sud de Russie, la production porcine est pour l'instant peu présente, mais en fort développement. La taille des élevages (2 000 truies) est un héritage du système soviétique.
Les abattoirs high-tech ne sont pas nombreux dans la région. De ce fait, une bonne partie des porcs de l'élevage dans lequel travaille J. Kerleau, est vendue en vif à des clients qui parcourent parfois 1 500 km pour acheter les animaux.
Les technologies occidentales sont très représentées dans cet élevage : ventilation et systèmes d'alimentation néerlandais ; matériel d'IA, produits vétérinaires européens, génétique française, etc.


OPINION
Olga Louet
Bretagne International

Un partenariat gagnant-gagnant
De plus en plus de jeunes sont tentés par une aventure à l'étranger. Pour cela, il y a de nombreuses formules, dont le VIE – volontariat international en entreprise – que Bretagne International a relancé en partenariat avec Ubifrance, l'agence française pour le développement international des entreprises. Mais ce n'est pas la seule voie d'incitation : certaines CCI proposent des prestations similaires ; des grandes écoles ont aussi leur réseau (Ex. : l'association AIESEC à Brest).
Pour sa part, le VIE permet aux jeunes de 18 à 28 ans d'acquérir une première expérience professionnelle pour des missions de 6 à 24 mois. Plus de 6 000 jeunes français en ont bénéficié de 2001 à 2004.
Le statut public du volontaire permet aux entreprises françaises partenaires de profiter d'une exonération de charges sociales. Exemple : un VIE en mission en Allemagne coûte environ 20 000 † en salaire net par an et à peu près autant en frais annexes. Ce coût est économiquement intéressant pour une PME qui souhaite développer un réseau export.
Contact : Bretagne International, Rennes, tel : 02 99 25 04 04
Commenter cet article