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Interview de Dmitri Medvedev: les coulisses

Publié le par SABAKA

Dmitri Medvedev le président russe a accordé une interview au Figaro au Kremlin, publiée jeudi 3 juillet et mise en ligne sur lefigaro.fr . Ainsi que l'avait fait Vladimir Poutine l'année dernière, l'entretien a été accordé simultanément à huit quotidiens (cités en bas de cette note), représentant chacun un pays membre du G8 .

 

_DA14768.JPGC'est dans la bibliothèque du palais qu'occupe l'administration présidentielle au Kremlin que Dmitri Medvedev nous a reçus. On n'entre évidemment pas dans la forteresse comme dans un moulin quand on a rendez-vous avec le président. Après deux contrôles des passeports, on est prié de laisser appareil photo et téléphones portables dans un poste de sécurité.

Nous nous sommes installés dans la bibliothèque une demi-heure avant l'heure convenue, le temps de régler les détails techniques -branchements des magnétophones sur le canal russe ou sur le canal anglais- cadrages pour les caméras de télévision russes qui retransmettront des extraits de l'interview jeudi. La machine à communiquer du Kremlin est très professionnelle. Le service de presse du président est composé de fonctionnaires jeunes, dont plusieurs parfaitement anglophones quand ils ne sont pas polyglotes. En outre, le Kremlin est conseillé par une agence de communication américaine, Ketchum, et son partenaire européen GPlus dont la mission, depuis le G8 de Saint-Pétersbourg en 2006 est d'améliorer l'image des dirigeants russes, en multipliant et facilitant les contacts avec la presse internationale. 

L'irruption de gardes du corps supplémentaires, de vraies armoires à glace, oreillette et rictus antipathique de rigueur, annonce l'arrivée du président. Il a une demi-heure de retard. Très raisonnable à côté des habitudes de Vladimir Poutine. Il nous accordera une heure trente.

Dmitri Medvedev entre d'un pas rapide et dynamique. Costume sombre et cravate grise, il affiche plus naturellement que son prédécesseur, un sourire franc. Furtive poignée de main à chacun, et hop, on démarre, sans propos liminaire comme c'est trop souvent le cas dans ce genre d'exercice.

 

_DAR4006.JPG

Juriste, il l'est jusque dans le sang, comme il l'a déjà dit. Et professeur d'université il fut. Aussi ses réponses ont tendance à ressembler à des exposés, avec des propos toujours balancés. "Stabilité" et "équilibré" reviennent souvent dans sa bouche. Il manque clairement de spontanéité, et le formalisme de l'exercice n'y contribue guère. On en regretterait presque les grossièretés dont Poutine a émaillé certaines de ses interventions publiques.

_DA14710.JPGA l'aise, il est venu sans notes alors alors que son attachée de presse, Natalia Timakova, portant cravate elle aussi, assise à sa droite, était armée d'un épais dossier. Dmitri Anatolievtich maîtrise parfaitement le dossier du nucléaire iranien comme le Kosovo, la finance internationale comme les us du G8. Il faut rappeler que le jeune chef d'Etat de 42 ans a passé pratiquement les dix dernières années au sommet de l'appareil d'Etat. Il maîtrise suffisamment l'anglais pour écouter les questions sans traduction. On ne peut en dire autant de tous les chefs d'Etat.

Comme la plupart des hommes politiques -c'est humain et efficace- Dmitri Medvedev a tendance à ressortir les mêmes phrases d'un discours à un autre. L'une de ses expressions politiques favorites est depuis quelques semaines le "nihilisme légal". C'est à dire le mépris de ses concitoyens pour la loi, qu'il entend combattre pour éradiquer la corruption.

Avec huit journalistes autour de la table à poser une question chacun à son tour, le temps file très vite. Chacun repart frustré de ne pas avoir posé toutes ses questions. Ce sont les règles du jeu, qu'on accepte en y participant. 

 

Si vous voulez comparer les différents traitements de l'interview par mes confrères, vous pouvez consulter leurs sites: The New York Times, The Guardian, The Globe and Mail, Asahi Shimbun, Il sole 24 ore, Vremia Novostei . Le Kremlin publiera la transcript intégrale de l'interview en anglais et en russe.

Photos: service de presse de la présidence.

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